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Pourquoi une éducation stricte est nécessaire
Vous venez d'acquérir un petit chiot et votre seul désir est de le gâter beaucoup et de le rendre heureux. Ceci est tout à fait compréhensible mais il faut tout de même savoir se donner des limites car pour être heureux, un chien n'a pas besoin d'être le roi à la maison.
Pour être heureux et équilibré, un chien doit avoir chez lui sa place de chien qui est une place de dominé puisque c'est vous, le propriétaire, le chef de la meute et de la maison. En effet, sachez que les relations entre chiens se basent sur des rapports de dominance. Le chien est un animal hiérarchique : il vit dans une meute où l'animal dominant a différentes prérogatives, dont celle de manger en premier, lentement, devant sa meute, celle de surveiller et contrôler les déplacements dans la meute, et celle d'avoir la priorité à la reproduction.
Pour que votre chiot soit à sa place dans votre famille (c'est-à-dire dans sa meute), il est bien évident que vous devez être le dominant. S'il existe un flou quant à cette hiérarchie dans l'esprit de votre chien, c'est-à-dire si vous lui laissez certaines prérogatives de dominant, il pourra se rebeller et devenir éventuellement agressif ou destructeur plus tard.
C'est pourquoi il est indispensable de mettre dès le départ votre petit chiot à sa place sociale de dominé.
Les bases des relations de dominance chez les chiens
En fait la dominance s'établit autour de 4 points principaux :
1 : l'accès à la nourriture Le dominant mange en premier, les autres (dominés) le regardent manger, il mange lentement et en laisse parfois un peu pour le reste de la meute.
2 : le lieu de repos est central ou en hauteur et permet de gérer les accès de la maison (ex : le lit, le canapé, le couloir, ou la porte d'entrée).
3 : l'accès à la sexualité : Seul le dominant a le droit de s'accoupler en public, les dominés doivent le faire à la sauvette et en cachette du dominant.
4 : l'accès au contact : Ce sont les dominants qui gèrent les temps de contact avec les dominés (quand ils n'ont plus envie de se laisser toucher, ils grognent et mordent rapidement si le dominé ne s'écarte pas).
Les bases de l'éducation proprement dite
Pour que votre chiot se sente donc bien dans sa tête et à sa place dans la famille, il faut :
- Ne pas le faire dormir avec vous dans votre chambre ou sur votre lit car la chambre à coucher et le lit doivent être réservés au dominant (c'est-à-dire vous). Il est vrai qu'il est parfois difficile d'entendre le chiot pleurer dans la cuisine et de savoir que si vous le prenez avec vous, il va s'arrêter mais il ne faut pas céder. Le fait de ne pas céder dans ce cas vous permettra d'éviter deux types de problèmes : les problèmes de dominance ainsi que les problèmes d'hyperattachement.
- Il faut donc lui installer un panier dans un coin d'une pièce (dans la cuisine ou dans le salon) mais pas dans l'entrée, ni dans le couloir car ce sont des lieux de passage qui permettent de surveiller les allées et venues de tout le monde.
- Il faut le faire manger après vous (ou alors une heure avant si cela ne vous est pas possible), dans un lieu isolé et en votre absence. La gamelle doit être retirée au bout d'un quart d'heure même si elle n'est pas terminée : un chiot qui chipote devant ses croquettes est souvent un chiot qui vous teste pour voir s'il peut adopter un comportement légèrement dominant. Si le chiot grogne lorsqu'on lui retire sa gamelle, il faut prendre une allure autoritaire (buste en avant, bras écartés, voix forte) et le gronder. Attention : Les chiens dominés peuvent également grogner lorsqu'on approche de la gamelle, mais ils se retirent pour laisser la place au dominant très rapidement. Ce sont généralement des chiens qui mangent très vite et qui ne laissent pas de restes (de peur que le dominant arrive et qu'il les empêche de manger).
- Si votre chiot mâle vous chevauche comme pour s'accoupler, il faut refuser ce comportement car la reproduction est réservée au chef de meute. Il faut, dans ce cas, lui dire un « non » ferme et l'envoyer se coucher dans son panier.
- C'est vous qui devez gérer les contacts avec votre jeune chiot : vous devez choisir vous-mêmes les moments de jeux, de caresses et de câlins avec lui. C'est toujours vous qui devez initier le contact lorsque vous en avez envie. Ceci permet également d'éviter un trop grand hyperattachement de votre chiot pour vous. Par moment, si vous ne voulez pas jouer, il faut arriver à dire à votre chiot d'aller se coucher dans son panier : ce n'est pas lui qui doit décider mais vous. Il est vrai que ce n'est pas toujours facile et quelques écarts sont possibles : tout dépend aussi du caractère du chiot. Certains chiots auront en effet besoin d'une éducation moins ferme que d'autres. Il n'y a pas de règle absolue.
L'acquisition définitive de la hiérarchie se fait à la puberté : il est donc bénéfique de tout faire pour le mieux dès le départ. Mais les erreurs d'éducation ne sont pas irréversibles... et plus on s'y prend tôt, plus les choses sont faciles à changer. En effet, un chien peut et doit comprendre par l'éducation que, dans une famille, les hommes sont les dominants et lui est le dominé.
En revanche, quand il s'agit de rapports avec les autres chiens, l'intervention de l'homme ne sert à rien. Il faut en effet que les chiens établissent leurs rapports dominant/dominé entre eux.
L'apprentissage des auto-contrôles
On entend par auto-contrôles la capacité du chien à coordonner et ajuster ses mouvements, en particulier la contraction de ses mâchoires, et à ne pas se laisser emporter par l'excitation. Dans des conditions habituelles, l'acquisition de cette aptitude se fait lors des jeux entre les chiots de la portée, sous le contrôle de la mère ou de tout chien adulte (équilibré et vacciné). Idéalement c'est un chien qui assure la communication nécessaire pour que le chiot "apprenne à s'arrêter", ceci entre 4 et 12 semaines, lorsque son système nerveux termine son développement. A 3 mois au plus tard, il doit savoir se calmer seul, et attraper avec la gueule sans serrer. Si vous pouvez mettre votre chiot en contact avec un chien, laissez-le contrôler la situation sans intervenir, observez comment il s'y prend pour pouvoir ensuite imiter ses attitudes. Comment faire ?
- Il s'agit d'apprentissage, d'éducation, et non de punition ou de soumission. Lors des manœuvres vous devez être aussi calme et constant que possible afin de bien contrôler vos messages et leur cohérence, et assurer une bonne compréhension par le chiot : l'objectif est de lui apprendre le calme et la maîtrise de soi, donnez-lui l'exemple.
- Lorsque le chien commence à s'exciter dans le jeu, ou à mordre trop fort, avant de ressentir de la douleur, poussez un cri retentissant "aïe !" ou "non !", qui doit bloquer le chiot, puis basculez-le sur le dos, Maintenez-le fermement avec souplesse, sans parler ni le regarder, sans prise manuelle. Ne tenez pas compte de ses cris éventuels, immobilisez-le jusqu'à ce qu'il se détende (voire s'endorme...), puis retirez doucement vos mains, sans le stimuler, et cessez toute interaction pendant 5 minutes.
- Cette manœuvre doit être effectuée au départ 20 fois par jour, par chaque membre de la famille. Plus la détente est obtenue rapidement, moins on a besoin de le faire, l'ordre sec "non !" assurant progressivement le rôle de signal d'arrêt (parfois même le chiot se couche spontanément en l'entendant…).
- Si le chien aboie exagérément, ou s'accroche aux vêtements, saisissez son museau en arrière de la truffe (lorsque la mère procède à cette manœuvre, elle saisit le museau entre ses dents), et, sans prononcer un mot, serrez-le jusqu'à ce que le chiot gémisse. Lâchez dès le cri du chiot (il le fera bien avant d'avoir mal), et cessez d'interagir avec lui quelques minutes.
Que faut-il éviter ? Eviter les jeux de balle ou tout objet roulant, ils entretiennent l'excitation ; préférer des objets qui s'immobilisent, imposant au chiot un ajustement de ses gestes.
- Proscrivez tous les jeux de tiraillement, où chacun des partenaires tire de son côté : le chiot apprend à serrer plus fort, c'est l'opposé de notre objectif.
- Dans les jeux de rapport d'objet, ne saisissez pas l'objet et ne poursuivez pas le chiot, le jeu ne continue que s'il arrive à lâcher l'objet spontanément.
- Ne le laissez pas mordre sous prétexte qu'il "fait ses dents", il peut mâchonner des objets appropriés et non vos bras ou vos vêtements…
- N'attendez pas que le chien apprenne spontanément en grandissant : plus il est âgé, plus l'apprentissage est difficile !
- Evitez de vous mettre en colère, punir, crier ou frapper : cela augmente l'excitation du chien.
Une fois que le chiot a appris à se contrôler, il peut se coucher sur le dos immobile pour indiquer à son partenaire qu'il accepte son autorité, ceci s'appelle une posture d'apaisement ou de soumission, et constitue un code connu de la majorité des chiens ; ainsi votre chiot saura éviter de provoquer un autre chien, et reconnaître un chien qui utilise ce message. La capacité à émettre ces signaux est un élément fondamental de la communication et de la hiérarchie canine.
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