Les maladies vectorielles des carnivores menacent l’homme
Les maladies vectorielles évoluent très rapidement en Europe. Les carnivores domestiques peuvent jouer un rôle de sentinelles, de victimes ou de réservoirs pour ces agents pathogènes.
L’augmentation des diagnostics de maladies vectorielles chez l’homme est aujourd’hui une réalité. Changements climatiques, croissance exponentielle des transports, développement des zones pavillonnaires, tourisme vert et protection de la faune sauvage multiplient en effet les possibilités de contacts entre vecteurs et hôtes potentiels d’agents pathogènes.
On remarque ainsi l’extension de certaines maladies virale, notamment la tick borne encephalitis due à une flavivirus caractérisant par un syndrome pseudo grippal. Transmise par Ixodes, elle migre depuis des dizaines d’années d’est en ouest et est aujourd’hui endémique en Pologne, Hongrie, Allemagne. Les premiers cas autochtones sont décrits en France. Enfin, on constate des retours de vacances avec des fièvres boutonneuse ( Rickettsioses) transmises par piqûre de tiques. Autre exemple : l’industrie du rechappement du pneu usés a permis la circulation mondiale du moustique tigré ( Aedes albopictus) vecteur du Chikungunya, du fait des larves de moustiques présentes dans l’eau des pneus. Ce moustique est décrit dans la région niçoise depuis l’été 2007.
Les animaux domestiques victimes
Les chiens et les chats sont « victimes » d’agents pathogènes comme les humains. Ils ne constituent pas un risque pour leur propriétaire. Il existe des maladies transmissibles de l’un à l’autre comme la teigne ou la maladie des griffes du chat, mais le phénomène n’est ni nouveau ni en augmentation.
Les nouveaux animaux de compagnies, tel les reptiles et les tortues sont des « véhicules » de salmonelles, voire de mycobactérie mais pas de maladies vectorielles.
Les vétérinaires : un rôle de santé publique
En matière d’études de terrain et de recherche, ce sont les vétérinaires qui connaissent le mieux les vecteurs ( arthropodes), leur écologie et les maladies transmises. En matière de réseau de surveillance, les praticien ruraux, mixtes et canins, sont les plus à même de dépister certaines maladies, et de voir leur évolution ;
Dans la pratique, les vétérinaires jouent un rôle prépondérant dans l’éducation des propriétaires, le dépistage, la prévention, voire le traitement des principales parasitoses et maladies vectorielles.